CANNESERIES Saison 9 Décryptée
Jisoo & le Madame Figaro Rising Star Award
Au moment où Jisoo a posé le pied sur le tapis rose de CANNESERIES, il était évident que cette soirée ne ressemblerait à aucune autre. La star de BLACKPINK, devenue actrice — connue internationalement pour Snowdrop et une carrière à l’écran en plein essor — a reçu le Madame Figaro Rising Star Award, l’un des prix d’honneur les plus convoités du festival. Sa présence a apporté une énergie qui semblait parfaitement de son temps : l’intersection de l’autorité culturelle mondiale du K-pop et de la soif de nouvelles étoiles de la télévision de prestige. Les foules sur la Croisette étaient, bien évidemment, en effervescence.
C’est aussi un signal de l’ambition que se fixe le festival. CANNESERIES ne programme pas seulement de grandes séries — il programme des conversations. Et l’arrivée de Jisoo à Cannes a été l’une des plus retentissantes que le Palais ait accueillies en avril.
Richard Gadd revient — plus fort
Après que Baby Reindeer a réécrit les règles de l’autofiction à l’écran, la pression sur la suite de Richard Gadd était immense. Half Man — sa nouvelle série pour la BBC & HBO — a présenté son premier épisode ici, à Cannes, hors compétition, en présence de Gadd, de la réalisatrice Alexandra Brodski et des acteurs Stuart Campbell et Mitchell Robertson. La série suit deux hommes à travers trente ans d’amitié, de violence et de la fragilité particulière des liens masculins, entre le Glasgow des années 80 et le présent. Jamie Bell co-tient l’affiche.
Intransigeante, meurtrie, construite avec la même intimité sans concession qui rendait Baby Reindeer si impossible à quitter des yeux — Half Man est une télévision qui exige d’être ressentie.
Le poids de l’engagement
Le Konbini Prix de l’Engagement récompense chaque saison une personnalité qui fait avancer le débat bien au-delà de l’écran. Cette année, il est allé à Richard Gadd — en reconnaissance de son engagement ferme et continu contre les violences sexuelles, dans son œuvre comme dans sa vie publique. La cérémonie, animée par Delphine Rivet, a été l’un des moments les plus chargés du festival.
Gadd a reçu le prix aux côtés de l’équipe de Half Man — rappelant que des récompenses comme celle-ci atterrissent différemment quand l’œuvre qu’elles honorent est ancrée dans le vécu. CANNESERIES lui a donné le poids qu’elle méritait.
Palmarès complet → canneseries.com/fr/recompenses
Le grand chelem de la soirée
Alice and Steve n’a pas seulement remporté la soirée — elle l’a dominée. La comédie britannique de Sophie Goodhart pour Disney+, portée par le duo extraordinaire Nicola Walker (The Split, Annika) et Jemaine Clement (Flight of the Conchords), a raflé la Meilleure Série, le Prix Spécial d’Interprétation pour l’ensemble de son cast, et le Prix des Lycéens. Trois prix pour une seule série, en première mondiale.
Le postulat est d’une simplicité trompeuse : Alice est dévastée quand son meilleur ami Steve commence à fréquenter sa fille de 26 ans. Ce qui suit est une comédie d’escalade — menaces, sabotages, guerre totale — qui dissimule quelque chose de bien plus profond sur l’amitié, la loyauté et la terreur particulière d’être remplacé. Walker et Clement, mis en scène par Tom Kingsley, auraient fait des étincelles dès la première lecture à voix haute.
Quand la chimie d’ensemble devient un prix à part entière
Le Prix Spécial d’Interprétation attribué au cast complet d’Alice and Steve dit quelque chose de précis sur ce que le jury a reconnu : ce n’est pas le triomphe d’une performance isolée, mais d’un ensemble qui opère à une fréquence où chaque scène crépite. Walker apporte une fureur escaladante et maîtrisée qui rend la comédie urgente. Clement est son parfait contrepoids — patient, chaleureux, de plus en plus acculé.
Une première mondiale à CANNESERIES, un triple prix — Disney+ repart avec une série lauréate avant qu’elle n’ait diffusé un seul épisode nulle part dans le monde. C’est ce qu’une première à Cannes peut encore accomplir.
Barcelone sans la carte postale
Le Meilleur Scénario est allé à I Always Sometimes — écrit par Marta Bassols, Marta Loza et Almudena Monzú pour Movistar Plus+ (en collaboration avec Suma Content, la maison de production de Javier Calvo et Javier Ambrossi). Le titre original Yo Siempre A Veces dit déjà quelque chose sur le registre : une jeune mère célibataire à Barcelone, une histoire d’amour d’une semaine, un enfant né dans l’ambivalence. Ana Boga porte la série avec une performance qui semble, de l’avis général, véritablement extraordinaire.
C’est une Barcelone comme on la filme rarement — dans l’ombre, sans glamour, réelle. Première internationale à CANNESERIES Saison 9, distribuée à l’international par Movistar Plus+ International.
Une partition qui mérite son été
La série suédoise Summer of 1985 — titre original Svärtan — a remporté la Meilleure Musique, le jury saluant la partition de Jonas Wikstrand. L’histoire fonctionne comme une machine de genre parfaitement réglée : un adolescent retrouvé noyé près d’une île mythique de Suède, un groupe d’amis qui découvre quelque chose d’ancien et d’inexplicable, et une amitié lentement déchirée par le deuil et la jalousie. Réalisée par Björn Stein et Amy Deasismont, produite par Media Res Studio et vendue à l’international par Fifth Season — cette première mondiale est le genre de série, surnaturelle, générationnelle et visuellement somptueuse, qui traverse les générations sans effort.
L’export le plus vital de Borgerhout
BOHO est une série courte belge installée à Borgerhout — le quartier fièrement multiculturel d’Anvers — et elle arrive avec exactement l’énergie que son nom laisse entendre. Créée par Abbie Boutkabout, la série suit Kima, Nawal et Alex : trois femmes trentenaires qui naviguent entre rêves, attentes familiales et amitié. La comédienne principale Serine Ayari — comédienne, chanteuse, issue du stand-up — offre ce que les notes de programmation du jury appellent un mélange stupéfiant de danse, d’humour et de gravité émotionnelle.
La Meilleure Série Courte à CANNESERIES est l’un des prix les plus disputés du palmarès. BOHO le remporte en étant simplement le genre de série qui semble vivante d’une façon que le seul savoir-faire technique ne peut pas fabriquer.
Quand la réalité dépasse la fiction
Réalisé par Lennart Stuyck, The Deal With Iran part d’un complot à la bombe près de Paris et remonte le fil jusqu’aux mécanismes géopolitiques qui l’entourent — réseaux clandestins, pression politique, diplomatie des otages. En trois épisodes de 52 minutes, il démêle ce que les notes du festival décrivent elles-mêmes comme une « réalité qui dépasse toujours la fiction ». Le moment choisi n’est pas anodin. La résonance avec l’actualité internationale est, diraient ses auteurs, précisément le propos.
Produit par Diplodokus, distribué par Espresso Media, diffusé sur VRT canvas — et désormais auréolé du prix de la Meilleure Série Documentaire de CANNESERIES.
Hugo Blick, Bill Nighy & un camping anglais
Hors compétition et d’autant plus libre pour ça — California Avenue est la nouvelle série BBC d’Hugo Blick, et elle est discrètement extraordinaire. Installée en 1975 dans un parc de caravanes isolé d’une campagne anglaise, sa tranquillité baignée de soleil est bousculée par l’arrivée de deux femmes qui réveillent des secrets de famille enfouis. Blick réunit Bill Nighy, Helena Bonham Carter, Erin Doherty et Tom Burke dans un recoin de la vie rurale anglaise rarement vu à l’écran — et le filme, disent les notes du festival, plan après plan, avec une poésie et une tendresse qui donnent envie d’en voir davantage.
La présence de Nighy au Palais des Festivals, répondant aux questions sur une histoire aussi délicate et étrange, a été l’un des moments les plus tranquilles du festival. Cannes excelle dans le bruit. California Avenue lui a rappelé qu’il sait aussi faire dans le silence.
Chamoux reconstruit
Une première mondiale dans la section Rendez-Vous : Chamouxland : La Reconstruction est le retour de Camille Chamoux dans son univers CANAL+ — une comédie de 52 minutes qui aiguise sa lame sur le sexisme ordinaire, la culture du bien-être, la performance du genre et l’enthousiasme avec lequel la société habille ses normes en choix. Trad-wives, manifestation et injonctions quotidiennes de la féminité : Chamoux dissèque tout. Un casting français aux petits oignons l’accompagne — Camille Cottin, Karin Viard, Fadily Camara, entre autres. La conversation qui a suivi la projection était, de l’avis général, aussi tranchante que l’écriture.
La Saison 9 de CANNESERIES a confirmé quelque chose que nous observons se construire depuis plusieurs années : ce festival n’est plus un échauffement avant le Festival de Cannes. Il est son propre centre de gravité. L’amplitude de ce qu’il contient — la précision comique britannique d’Alice and Steve, le deuil écossais brut de Half Man, la vitalité anversoise de BOHO, l’atmosphère suédoise surnaturelle de Summer of 1985, l’électricité pop culture mondiale de Jisoo — ne dilue pas l’identité de l’événement. Elle est l’identité. Cannes se teint en rose en avril parce que la télévision est aujourd’hui le lieu où se jouent certaines des narrations les plus audacieuses qui soient, et CANNESERIES a construit l’espace où elles sont célébrées, débattues et vues en premier. Les meilleurs festivals ne programment pas du contenu. Ils cultivent un sentiment de ce qui est possible. La Saison 9 a fait exactement cela.
Palmarès complet : canneseries.com → Récompenses · Sélection officielle : canneseries.com → Sélection Officielle
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